Bienvenue sur le blog www.leflageoletfrancais.com, dédié à l'histoire du flageolet français et à son répertoire.
Instrument aujourd'hui méconnu, le flageolet français est une flûte à conduit proche de la flûte à bec comportant quatre trous de
dessus et deux trous pour les pouces; il a une tessiture de plus de deux octaves. Son invention est attribuée selon Charles Burney au Sieur Juvigny de Paris qui joua cet instrument dans le Ballet Comique de la Reinede Beaujoyeulx en 1581.
Décrit et illustré par Marin Mersenne
(1588-1648) dans son Harmonie Universelle en 1636 (Livre cinquiesme, "Des instrumens à vent"), le flageolet possède déjà au début du XVIIe siècle une technique aboutie et
connaît des instrumentistes virtuoses capables d'imiter les diminutions de la gorge, de la Viole, des Luths et des autres instrumens.
Plusieurs méthodes du XVIIe témoignent d'une importante pratique amateur en Angleterre, en particulier à Londres autour de
personnalités et musiciens connus tels Samuel Pepys, Thomas Blagrave...Il est alors très en vogue comme le prouve les nombreuses réimpressions de la méthode de Thomas Greeting.
Au début du XVIIIe siècle, des petits flageolets appelés flageolets d’oiseaux étaient destinés à "instruire" les oiseaux domestiqués aux différents "Airs nouveaux" de
l'époque... Le procédé consistait à s’approcher de leur cage dans l’obscurité à raison de cinq à six leçons quotidiennes d'un quart d'heure chacune en leur répétant les mêmes morceaux. Des
méthodes du XVIIIe siècle avec de petites mélodies nous sont parvenues tels The Bird Fancyer's Delight (1717), les Airs du Traité des Serins de Canarie (1709) d'Hervieux de
Chanteloup...
Le flageolet sera utilisé à plusieurs reprises pour la scène et l'opéra au XVIIIe siècle, notamment chez Haendel
(Acis et Galatée), Rameau (Platée), Gluck et Mozart.Il devient populaire dans la musique de salon au début du XIXe puis connaît sonâge d'or en devenant le flageolet de Quadrille, instrument-roi des Bals et des fêtes parisiennes...L'essor de la facture instrumentale va de pair avec la très grande virtuosité des pièces; le nombre de clés passe de une à huit pour aboutir au système Boehm (système d'anneaux mobiles).
L'instrument tombe totalement dans l'oubli après la guerre de 1914-1918. Il est actuellement très peu joué mais suscite
l'intérêt de quelques flûtistes à bec passionnés.
D'autres pages plus techniques (catégories Technique et Méthodes) sont plus
particulièrement destinées aux flûtistes à bec qui pourront élargir leur répertoire avec des pièces XIXe dont certaines ont déjà été transcrites pour la flûte à bec (cf page Transcriptions pour flûte à bec) : Etudes et Caprices de Narcisse Bousquet, duos de Sébastien Demar... Ce répertoire pourra être interprété à la flûte à bec ; néanmoins, retrouver les
sonorités originelles de ces pièces au flageolet constitue une démarche historique passionnante à la redécouverte du charme particulier de ce répertoire oublié.
La visite du Musée Virtuel vous donnera accès à des photographies d'instruments historiques issus des principales
collections publiques internationales ainsi que de collections privées.
Retrouvez la sonorité oubliée du flageolet en accédant aux extraits audio personnels enregistrés sur instruments historiques : flageolet anonyme XVIIIe, flageolet d'oiseau
Tibouvile Frere début XIXe, flageolet 3 clés Thibouville-Lamy fin XIXe, flageolet 5 clés Laveissière fin XIXe.
Les enregistrements ont été réalisés sur instruments historiques : flageolet anonyme XVIIIe, flageolet d'oiseau Tibouville Frere début XIXe, flageolet Thibouville-Lamy 3 clés fin XIXe, flageolet
Laveissière 5 clés fin XIXe.
Les extraits n° 1 et 2 sont issus d'une captation de concert. Les autres extraits ont été enregistrés en studio (Oxygen Art Studio).
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